🕯️PĂšlerinage de Shikoku en solitaire avec YUMEVOJA – Épisode 1 : Le premier pas, puis le retour

J’ai enfin rĂ©ussi Ă  garer la voiture au premier temple, Ryƍzenji.
Je ne savais mĂȘme pas comment lire son nom, et entrer la destination dans le GPS m’a pris un peu de temps.
C’est ici que le voyage commence.

À la boutique situĂ©e Ă  cĂŽtĂ© du pavillon principal, j’ai rĂ©uni l’équipement minimum.
HonnĂȘtement, je ne savais pas encore si j’allais continuer.
On m’a expliquĂ© comment Ă©crire les osamefuda, puis j’ai demandĂ© si je pouvais laisser la voiture lĂ .

Quand j’ai dit que je comptais revenir en bus,
l’homme de la boutique a pris un air lĂ©gĂšrement inquiet
et m’a conseillĂ© de faire attention :
les bus depuis la gare d’Itano sont peu frĂ©quents.

À ce moment-là,
je me suis simplement dit :
« Ça ira. »


Au début de la visite,
une femme du temple m’a offert une petite bourse faite à la main.
C’était mon tout premier osettai, un moment inoubliable.

Parmi plusieurs choix,
j’ai pris la plus petite.

Plus tard, au cours du pĂšlerinage,
j’ai rencontrĂ© une femme accompagnĂ©e de son enfant,
qui recevait un osettai de cette mĂȘme femme.
Et elle avait choisi exactement la mĂȘme bourse.


Premier temple — Ryƍzenji


Au début de la marche,
je me sentais portĂ©e par l’élan.
Je passai par le deuxiĂšme, puis le troisiĂšme temple,
et, aprĂšs avoir quittĂ© le troisiĂšme, Konsenji, je me dirigeai vers la gare JR d’Itano.

Selon le guide,
c’était lĂ  un point d’arrĂȘt naturel.
Les paroles de l’homme de la boutique aussi
supposaient que je rentrerais d’ici en bus.

Malgré cela,
le sentiment de
« Puisque je suis venue jusqu’ici, je peux encore continuer »
a fini par l’emporter.


Je me suis aussi dirigée vers des temples sans numéro, mentionnés dans le guide.
Hƍkokuji. Aizen’in.

Je n’avais ni prĂ©parĂ© suffisamment,
ni fait de véritables recherches.
En choisissant délibérément de ne pas trop me renseigner,
je goĂ»tais Ă  une lĂ©gĂšre sensation d’aventure.

Mais cette « légÚreté »,
sous la chaleur,
n’était rien d’autre qu’un manque de protection.


La tunique blanche Ă©tait plus Ă©paisse que je ne l’avais imaginĂ©,
et l’air n’y circulait pas.
Je ne pensais pas assez à m’hydrater.
En avançant tout en me perdant en chemin,
mes forces diminuaient peu Ă  peu.

Quand je m’en suis rendu compte,
j’étais assise au quatriĂšme temple, Dainichiji,
incapable de bouger.

Le moine a remarquĂ© que quelque chose n’allait pas
et m’a adressĂ© la parole.
Il m’a conduite vers un banc à l’ombre
et m’a apportĂ© une boisson sportive bien fraĂźche,
des encas salés pour reprendre des forces,
ainsi qu’une poche de glace congelĂ©e.

Pendant un moment,
je me suis simplement reposée,
sans penser Ă  rien.


Quand je me suis un peu calmée,
il m’a parlĂ© de l’état d’esprit du pĂšlerinage.

Par forte chaleur,
il suffit de porter la tunique blanche Ă  l’intĂ©rieur des temples.
Ce qui compte, c’est l’intention de prier ;
les objets ne sont pas l’essentiel.
Si l’on souhaite continuer,
il faut se préparer correctement.
Et ne pas trop s’attacher aux apparences.

Il ne parlait pas sur un ton de reproche.
Pourtant, ses paroles sont restées en moi.

Je me suis sentie un peu honteuse
d’ĂȘtre entrĂ©e dans ce pĂšlerinage en me focalisant d’abord sur la forme.


Quatriùme temple — Dainichiji

AprĂšs ĂȘtre allĂ©e jusqu’au cinquiĂšme temple, Jizƍji,
j’ai dĂ©cidĂ© que ce serait suffisant pour aujourd’hui.

J’ai choisi de rentrer.

En voyant les bus de ligne circuler sur la route principale,
je pensais pouvoir revenir facilement au premier temple.

Mais en réalité,
il n’y avait peut-ĂȘtre qu’un bus par heure.
Et seulement jusqu’à la gare d’Itano.

Les temples fermaient Ă  17 heures.
Si le parking fermait, je ne pourrais plus rejoindre ma voiture.
Le lendemain, je travaillais.


N’ayant pas d’autre choix,
j’ai dĂ©cidĂ© de rentrer Ă  pied le long de la route principale.
Sous la chaleur et la fatigue,
j’ai marchĂ© avec acharnement.

Les chemins du pĂšlerinage font souvent penser :
« Quoi ? On passe vraiment par ici ? »

Ils sont étroits, sinueux, faciles à perdre,
et le sol y est instable.

Mes baskets blanches
se sont enfoncées dans la boue
et sont vite devenues méconnaissables.

Si j’ai rĂ©ussi Ă  revenir relativement vite,
c’est en partie parce que j’ai parfois couru,
mais surtout parce que la route principale était droite.


Un peu aprĂšs 17 heures,
je suis arrivée sur le parking du premier temple.

En m’approchant de ma voiture,
l’homme de la boutique est sorti et m’a dit :
« Je m’inquiĂ©tais pour vous. »

J’ai ressenti Ă  la fois de la gĂȘne
et un profond regret
d’avoir pris ses conseils trop Ă  la lĂ©gĂšre.


En une seule journée,
j’ai pris conscience de tout ce que la vie moderne me facilite.

Je pensais que les bus et les taxis
étaient toujours disponibles.

Le chemin du pĂšlerinage
dément facilement cette évidence.

Mais plutît qu’un simple inconfort,
j’ai eu le sentiment
qu’on m’offrait du temps pour rĂ©flĂ©chir.

Les conseils
naissent de l’expĂ©rience.

Le prix de les avoir pris à la légÚre
m’est revenu clairement,
dans mon propre corps.

C’était la leçon de cette journĂ©e.


Voici le petit plus d’aujourd’hui !

🐭💍 Le mariage des souris — À la recherche du plus puissant (ねずみた櫁慄り)

Les souris formaient un couple inquiet pour l’avenir de leur fille.
Puisqu’il s’agissait d’un mariage,
autant choisir le partenaire le plus fort du monde.
C’est ainsi qu’elles partirent en voyage.

Elles rendirent d’abord visite au Soleil.
Il Ă©tait puissant, c’est vrai,
mais il disparaissait dùs qu’un nuage passait devant lui.
Alors peut-ĂȘtre que le nuage Ă©tait le plus fort ?
Mais le nuage, lui aussi, se faisait chasser par le vent.

Le vent se heurta Ă  un mur.
Le mur, pourtant solide,
pouvait ĂȘtre percĂ© par une souris.
À force de chercher le plus fort,
les souris finirent par s’arrĂȘter.

Au final, la fille choisit une souris, comme elle.
AprÚs avoir regardé loin, trÚs loin,
elles comprirent que la force qui leur convenait
Ă©tait tout prĂšs d’elles.